Les plus beaux exploits de ma vie - Steven Bicknell

Mon blogue

Les plus beaux exploits de ma vie

Les plus beaux exploits de ma vie - Steven Bicknell

Si ma mère était encore vivante, elle serait bien fière de moi. Je me rappelle quand j’étais jeune, ma mère me racontait souvent sa grossesse. Cette période de sa vie l’a profondément marquée, car ses chances de me donner la vie étaient vraiment minces. Et comme j’étais un prématuré, il a fallu que je reste dans une couveuse pendant des mois avant de découvrir le vrai monde.  En grandissant, je ne ressemblais à aucun enfant de mon âge, d’un point de vue physique bien entendu. Je n’étais pas difforme, mais j’avais un souffle au cœur. J’étais interdit de sport, jusqu’à mes 13 ans. Cela me faisait de la peine de voir mes amis jouer au hockey, alors que je devais être assis dans les estrades à les regarder. Au début, je ne comprenais pas que j’étais malade. Avec le temps, j’ai fini par me convaincre que ma mère me surprotégeait, et je lui en avais voulu.

J’ai découvert le judo

Quand je n’avais pas école, je restais chez moi à jouer à des jeux vidéo, ou à lire des magazines de sports. Un matin, j’étais tombé par hasard sur une revue d’art martial. C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance du judo, qui allait être mon sport favori. Je me rappelle très bien avoir lu un article sur Nicholas Gill et de sa médaille de bronze aux Jeux olympique de Barcelone en 1992. Ce judoka que je connaissais à peine, était devenu mon idole du jour au lendemain. Je savais pertinemment que ma mère ne me laisserait jamais pratiquer ce sport, mais je devais quand même lui demander. Grande fut ma surprise lorsqu’elle a dit oui. Sans doute avait-elle eu pitié de moi, je n’ai jamais pu lui demander ses raisons.

J’ai battu mon souffle au cœur

Je me suis donc inscrit au club de judo près de la maison. Ce fut une expérience vraiment palpitante. Mon professeur de l’époque, qui était aussi celui qui s’occupait de la gestion de patrimoine de mon grand-père, a décelé un potentiel en moi. Il m’a entraîné, en dépit de ma maladie. J’ai gagné mon premier tournoi à l’âge de 14 ans. À cette époque, j’arrivais à battre des garçons qui étaient plus âgés, et en bien meilleure forme que moi. Grâce à mon entraîneur, mon souffle au cœur n’était plus un handicap. Par trois fois, j’ai pu me glisser sur le podium de compétitions régionales. Je regrette vraiment que ma mère ne soit plus là pour me voir.