Le danger de la solitude - Steven Bicknell

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Le danger de la solitude

Le danger de la solitude - Steven Bicknell

On entend souvent dire que les structures hospitalières sont déshumanisées, à la limite, dangereuses, et que pour cela, il vaut en général mieux privilégier un accompagnement médicalisé à domicile pour les personnes âgées, plutôt qu'une hospitalisation, qu'un placement en maison de retraite ou résidence spécialisée. Cependant, on oublie vite que le maintien a domicile signifie bien souvent, le maintien dans leur cocon de solitude.

Certes, elles restent dans un environnement qu'elles connaissent, où elles ont des nombreux souvenirs, leurs habitudes, dans un quartier ou un village où elles ont des amis ou tout du moins des connaissances. Mais l'on oublie bien souvent que si la question de l'hospitalisation, ou de l'entrée dans une maison spécialisée se présente dans une famille, c'est que la personne âgée n'est plus en mesure de faire les choses de la vie quotidienne, de se déplacer normalement, de prendre soin d'elle. Aussi, défendre coûte que coûte un maintien à domicile pour ces personnes fragilisées, alors même qu'elles sont dans une situation où elles ne peuvent plus profiter de leur domicile comme avant, est au contraire de les enfermer dans une prison, agréable peut-être, avec des visites, mais où elles seront seules et feront de moins en moins, quoi que l'on dise, partie de la société.

Combien de fois, voit-on à la télévision, ou lit-on dans les journaux des histoires de personnes âgées retrouvées décédées plusieurs jours, ou même, plusieurs semaines après leurs morts, tout simplement parce qu'elles étaient déconnectées de la société, sans plus aucune attache sociale. Leur seul contact avec le monde extérieur devient le facteur, si tant est que celui-ci doit obtenir une signature de leur part ou le livreur des courses de supermarché. Ces personnes ont perdu le lien avec leur famille ou leurs parents proches. Dans ces cas, un placement dans une structure spécialisée, hospitalière ou non, devient donc la meilleure alternative possible. Un peu comme les gens qui vivent à la rĂ©sidence la diffĂ©rence. Ceci permettant de rompre cette cellule d'isolement, et permettre à la personne âgée de s'intégrer à un nouveau groupe social, qu'il soit professionnel (groupe de médecins, infirmiers, aides-soignants ou personnel administratif) ou non comme par exemple les autres pensionnaires. Ceux-ci deviennent alors comme une nouvelle famille. Il nous faut donc repenser l'accompagnement en fin de vie, pour arrêter de peindre le tableau du placement en résidence médicalisée, de façon si sombre et penser que même si la personne âgée s'y refuse, par inertie et rejet de la nouveauté, un tel placement lui serait bénéfique.